Après une intervention chirurgicale, le corps est en phase de récupération et le système circulatoire est mis à rude épreuve. L'immobilisation, même partielle, ralentit le retour veineux : le sang stagne dans les membres inférieurs, les jambes gonflent, et le risque de formation de caillots sanguins augmente significativement. C'est précisément là que les bas de contention entrent en jeu. En appliquant une pression dégressive depuis la cheville jusqu'au mollet ou à la cuisse, ils aident le sang à remonter vers le cœur, limitant ainsi l'apparition de phlébite, d'œdème ou de thrombose veineuse profonde : des complications post-opératoires que l'on peut largement prévenir avec le bon dispositif.

La thrombose veineuse, c'est la formation d'un caillot sanguin dans une veine, le plus souvent au niveau des jambes. Sans prévention adaptée, ce caillot peut migrer vers les poumons et provoquer une embolie pulmonaire, une complication grave voire mortelle. En chirurgie orthopédique notamment, prothèse de hanche, prothèse de genou, chirurgie du pied, le risque thrombo-embolique est particulièrement élevé du fait de l'immobilisation prolongée et de l'inflammation locale. Mais ce risque ne concerne pas uniquement la chirurgie lourde : une intervention abdominale, gynécologique ou même une endoscopie sous anesthésie générale peut suffire à augmenter ce risque. La contention médicale est donc une mesure de sécurité recommandée dans de nombreux contextes post-opératoires, chez la femme comme chez l'homme.
Combien de temps faut-il porter les bas de contention après une opération ?
C'est la question que tout patient se pose, et la réponse honnête est : ça dépend. La durée de port recommandée varie selon le type de chirurgie, les facteurs de risque individuels et les recommandations du chirurgien. En règle générale, pour une chirurgie orthopédique majeure, le port est recommandé pendant 4 à 6 semaines après l'opération, parfois jusqu'à 3 mois dans les cas à haut risque. Pour des interventions plus légères, 1 à 2 semaines peuvent suffire. Les patients présentant des antécédents de varices, d'insuffisance veineuse, d'obésité ou ayant déjà subi une thrombose peuvent se voir prescrire une durée de port plus longue. Dans certaines pathologies comme le lymphoedème, un gonflement chronique des membres lié à un dysfonctionnement du système lymphatique, la contention peut devenir un traitement au long cours, sans limite de durée fixée. Ce qui compte, c'est de ne pas décider seul de l'arrêt du port. La période post-opératoire immédiate est la plus critique, mais le risque de phlébite ou de thrombose ne disparaît pas dès la sortie du bloc opératoire. Continuez à porter vos bas de contention selon les recommandations de votre médecin ou chirurgien, même si vous vous sentez mieux.
Quelles sont les contre-indications aux bas de contention ?
Les bas de contention ne conviennent pas à tout le monde. Ils sont contre-indiqués en cas d'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), c'est-à-dire lorsque les artères des jambes sont insuffisamment perméables : appliquer une pression externe dans ce cas aggraverait l'ischémie. Une insuffisance cardiaque décompensée, une infection cutanée ou des plaies ouvertes au niveau des jambes sont également des contre-indications à prendre en compte. Si vous avez des doutes sur votre situation, c'est votre chirurgien ou votre médecin traitant qui reste le seul interlocuteur valable pour valider ou non le port d'un dispositif de compression.
Quel type de bas de contention choisir après une opération ?
Les dispositifs de contention médicale existent en plusieurs formes : chaussettes, bas cuisse et collants, en plusieurs classes de compression, exprimées en mmHg (millimètres de mercure). Plus le chiffre est élevé, plus la pression exercée est forte. En contexte post-opératoire, on distingue généralement deux périodes avec des besoins différents. :
- Pendant et juste après l'opération, les établissements hospitaliers utilisent souvent des bas de contention ou des bas anti-thrombose (dits "bas blancs"), généralement de classe 2 (15 à 20 mmHg) qui correspondent à une pression modérée, conçus pour être portés au repos ou alité. Vous remarquerez qu'ils sont ouverts au niveau des orteils : cela permet au personnel soignant de surveiller en continu la circulation sanguine dans le pied, et facilite leur enfilage et retrait lorsque le patient est alité.


- Dans les semaines qui suivent l'opération, à la sortie de l'hôpital et pendant la période de récupération, les bas de contention de classe 2 sont le plus souvent recommandés. Contrairement aux bas portés en milieu hospitalier, les modèles à pieds fermés sont tout à fait adaptés et généralement plus confortables au quotidien. Ils offrent un niveau de compression médicale adapté à la prévention de la thrombose et à la réduction de l'œdème, tout en restant compatibles avec une mobilisation progressive. De nombreux patients se demandent d'ailleurs peut on faire du sport avec des bas de contention lors de la reprise d'activité physique après une intervention. Dans certains cas à risque élevé, le chirurgien peut prescrire une classe 3 (20 à 36 mmHg). Le choix entre chaussettes ou bas dépend de la localisation de l'intervention et des zones à comprimer : une chirurgie du pied ou de la cheville orientera vers une chaussette ou un bas, tandis qu'une chirurgie de hanche ou abdominale justifiera souvent un bas cuisse.
Chaussettes :


Bas :


En termes de matière et de confort, les fabricants ont considérablement amélioré leurs gammes ces dernières années. Fibres respirantes, modèles mixtes homme/femme, coloris discrets ou formes anatomiques adaptées à la marche avec béquilles : il y en a pour tous les profils de patients. La règle reste cependant la même pour tout le monde : un dispositif bien ajusté à vos mensurations sera toujours plus efficace qu'un bas trop grand ou trop serré. Prenez vos mesures le matin, avant tout œdème, et n'hésitez pas à contacter notre équipe pour vous aider à faire le bon choix.






